Louis Céleste Hackspill °1832 † 1919 , histoires de popotte, jambières et capotes

Publié le par Solnade

Louis Céleste Hackspill aimait fréquenter le gotha. Les châteaux où il fut invité tout au long de sa carrière militaire ne se comptent pas sur deux mains. A Versailles où il s'est retiré et dont il fut un édile actif il continue à fréquenter le beau monde... De lui nous n'avons qu'un seul portrait. Peut-être son petit-fils en a-t-il d'autres.


Anyway, de ses écrits à son fils bien-aimé, lors de la Grande Guerre, on peut prétendre que l'homme était soucieux du protocole et particulièrement sensibles aux apparats sacralisant la fonction.


Rappelons qu'en octobre 1914, les poilus reçoivent dans l’urgence un couvre pantalon de toile bleue histoire de diminuer la visibilité du pantalon garance et le protéger de l’usure. Le drap bleu (vestes, pantalons, culottes) et le drap gris de fer bleuté (capotes, manteaux) restent réglementaires jusqu’à l’arrivée du bleu horizon. De nombreux hommes de troupe qui passèrent sous-officiers et ne disposant pas de beaucoup d’argent modifièrent leur vareuse plutôt que d’acheter un nouvel uniforme.


Pour les officiers, le phénomène est le même. Une ordonnance de décembre 1914 détailla la tenue officier réglementaire, mais l’armée ferma les yeux sur plusieurs variantes.  Comme nous le constatons en parcourant quelques extraits des lettres que Louis père fit parvenir à Louis fils , les officiers s’habillent à leurs frais et ont la possibilité de faire faire leur uniforme sur mesure par des tailleurs civils. De meilleure qualité et adaptée aux goûts de l’officier, cette confection est la plupart du temps réalisée avec du tissu de meilleure qualité.


Les modèles en service se multiplient et deviennent un « signe extérieur de richesse », péché mignon de Louis père qui n'hésitait pas à 82 ans de parcourir tout le tout Paris avec son auto pour procurer ce qu'il y avait de mieux à son fils qui n'en demandait peut-être pas tant.



16 octobre 1914
Ma préoccupation actuellement est que tu possèdes les premiers vêtements de laine que je t’ai envoyés par l’intermédiaire de Madame St Ange et de l’automobile club (6 paires de chaussettes, 1 serviette, un caleçon de tricot laine, deux gilets de flanelle neufs). Si mon envoi a réussi, je vais continuer mes expéditions et tu devras recevoir gants fourrés, chandail ou gilet de chasse, etc. etc.  Dis-moi toi-même ce qui te serait le plus nécessaire.

3 janvier 1914
J’ai reçu ce matin ta carte du 31 Xbre et j’ai de suite envoyé à la poste comme colis recommandé une petite boîte de thé anglais comme tu en as déjà reçu. Il est toujours excellent et je pourrai renouveler ta provision quand tu le désireras ; j’en ai toujours q.q. boîtes de réserve à la maison.

Je voudrais pouvoir t’envoyer aussi une culotte en drap bleu, mais il y a impossibilité. Ton tailleur Demaison a été mobilisé et sa maison est fermée. Ne pourrais-tu trouver à R(eims) un tailleur capable de te confectionner une culotte ? S’il n’a pas de drap du nouveau modèle, on pourrait t’en envoyer. Enfin, tu pourrais faire prendre tes mesures et on t’en ferait confectionner une chez un bon tailleur de Paris. Je crois, malgré l’avis de Binet que ta culotte actuelle doit avoir besoin d’une remplaçante. On pourrait également te confectionner une capote.



Publié dans Louis II

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