Louis Hackspill °1832 † 1919, la guerre de 1870-1871 en Moselle, puis la Commune à Paris

Publié le par Solnade

Dans son carnet de route, Louis François Céleste Hackspill écrivit :


10 juillet 1870. Déclaration belliqueuse de M. de Grammont .

15, la guerre est déclarée à la Prusse.

16, le 54e est sur le pied de guerre. 17, arrivée à Condé de CL…

20, départ de Condé, étape à Valenciennes.

21, départ de Valenciennes à 5 heures du soir, en chemin de fer. Accueil enthousiaste de la population sur notre passage.

22, nous arrivons à Thionville à 8heures ½ du matin. Bivouac sur les glacis  de la place. Le 54e fait partie de la 5e brigade 3e division, 4e corps d’armée. Généraux Berger, de Lorencez, Ladmirault.


24, 4 heures du matin, nous partons sur la route de Thionville à Metz. Bivouac à Kédange , dans la prairie. Le 1er bataillon se porte en avant pour appuyer la cavalerie. Je suis nommé capitaine des éclaireurs volontaires.

25, orage épouvantable, le tonnerre tombe sur l’état-major du Général Lorencez , blesse 3 officiers et tue un cheval.

26, marche dans la direction de Sarrelouis. Je vais à Frechestroff (forme francique de Freistroff un peu estropiée par l'auteur) où je visite la famille Salmon, parente de ma mère.

29, marche sur Boulay, puis sur Metz.

14 août, bataille de Borny volontaires. Envoyé en reconnaissance au village de Saulny  et trahi par mes guides, je tombe entre les mains des Prussiens.

22, je suis conduit à l’état-major du général Fransèky  à la ferme de Marengo.

23, dirigé sur Doncourt  où se trouve le prince Frédéric Charles, je suis conduit à Pont-à-Mousson où l’on me fait jurer de ne pas chercher à reprendre part à la guerre.

15, marche de nuit sur Verdun.

16, bataille de Gravelotte.

17, nuit sur le champ de bataille, bivouac de jour derrière Amanvillers .

18, bataille de St Privat . Le régiment perd 500 hommes et 12 officiers.

Nuit du 18 au 19, retraite sur Metz.

20, j’enterre le Capitaine Boussarie et je retrouve le colonel à l’ambulance.

21, je réorganise la compagnie d’éclaireurs.

24, prisonnier sur parole et conduit à Mayence. Je visite Wiesbaden. Le prince von Holstein, commandant de Mayence, m’envoie à Spandau  près de Berlin.

Séjour à Spandau de septembre 1870 à avril 1871.

Gouverneur général von Streit.  Commandant de l’arsenal Colonel Wesener dans la famille duquel je suis accueilli avec la plus grande bienveillance.  Compagnons de captivité MM. le Colonel Krien  du 36e, Commandant Piemont de Honaville, Capitaine Bubat des cuirassiers, …. De l’infanterie … etc. Je suis reçu à Berlin par la famille polonaise de Wadzinski, le prince Gorschkoff , le comte de Byland , ambassadeur de Hollande, Lord Lyons, ambassadeur d’Angleterre. MM. Arapaf,  Dering, attachés d’ambassade. Voyage à Hambourg et Altona avec la famille Wadzinski.

Retour à Berlin. La paix est signée en mars et je repars pour la France en avril.

Je m’arrête à Francfort et à Hombourg  et je me dirige sur Auxerre. La commune  avait éclaté à Paris le 18 mars et le gouvernement légal présidé par M. Thiers formait des régiments pour marcher sur Paris. Je suis incorporé au 13e Régiment provisoire comme adjudant major, Colonel .. Doussot, Commandant Vinciguerra .

Le régiment arrive au camp de Satory  près de Versailles le 10 avril.

Le 12, il va camper à la Cour Rolland . Siège des forts de Montrouge et de Vanves. Le régiment se transporte au plateau de Garches, puis au bois de Boulogne. 2e siège de Paris.

Dans la nuit du 21 au 22 mai, l’armée entre dans Paris. Prise de la barricade de la place d’Eylau , je couche au parc Monceau.

23, prise des Batignolles, je couche avenue de Clichy.

24, prise de la porte St Denis, je couche à la Bourse.

25, prise des Arts et Métiers ; je couche boulevard Sébastopol.

26, prise du Temple, je couche dans la mairie du 3e arrondissement. 

La commune vaincue, le régiment rentre à Versailles le 30 mai et va camper à Satory.


Juillet, le régiment va caserner à Montmartre, je loge rue Ranney. En rentrant de captivité, j'avais appris à Metz, la mort de ma soeur aînée Augustine . Après la commune, j'avais retrouvé mon père et ma mère à Paris où ils avaient passé le 1er et le 2ème siège et le temps de la commune. En octobre 1871, mon régiment va loger à la caserne Napoléon derrière l'hôtel de ville en ruine et j'habite rue du Pont Louis-Philippe  n°18.

Publié dans histoire

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