Hestroff et son histoire

Publié le par Solnade

Au cours de son histoire, on rencontre le village sous diverses appellations comme Heruwinivilla ou Harainville en l'an 960, Herivinilla 977, Hertroff 1131, Hirnestroff 1150, Heystroff ou Harevainville an 1212, Hariniville 1414, Herwaville 1453, Herstorff 1694, Erstroff 1667. A partir de 1680, dans nos premiers registres paroissiaux, nous pouvons lire Hestroff, graphie actuelle, même si de ça ou là on peut encore noter Eistroff en 1667 dans les écrits de l'abbaye de Villers-Bettnach, dernier et principal seigneur foncier du village, et Heschetrof en 1730 sur les cartes des frères Naudin.



Hestroff possédait quelques écarts comme la Geissenmillen (Geismühle) francisée en Moulin des chèvres, la Wahrschmühle, moulin à étoupe, situés tous deux au bord du ru de Piblange (Mollenbach), Talling, ferme aujourd'hui disparue, Kottenhaus, qui aurait été une maladrerie et l'annexe Estingen ou Estinghouff ou Esting citée en 1212 entièrement détruite lors de la Guerre de Trente Ans.

Les anciens, s'ils ont bien gardé en mémoire la Geissenmillen et la Mollenmillen, ne se rappellent plus du tout de la Kottenhaus, ni de Talling, ni de l'annexe Esting. Tout au plus soupçonnaient-ils l'existence d'un ancien hameau aux confins des bans de Hestroff, Ebersviller, Hobling et Edling,  les cultivateurs de ce secteur leur rapportant régulièrement que leurs charrues heurtaient des pierres semblant provenir d'anciennes fondations.

Les armoiries communales "de Gueules à l'agneau d'Argent surmonté de trois coquilles de même" rappelleraient en jargon héraldique l'agneau du patron de la paroisse, Saint-Jean-Baptiste, accompagné des coquilles du blason de l'ancienne prévôté de Sierck, qui y exerçait la haute justice.

Hestroff, au 10e, était possession de l'abbaye Saint-Pierre de Metz qui prélevait la dîme. Ensuite, elle connut plusieurs seigneurs fonciers dont le dernier avant la Révolution fut la riche abbaye de Villers-Bettnach.

ADM H1758

Déclaration des biens de l’abbaye de Villers-Bettnach à Hestroff , 1692 – 1705

De droit en toute justice ; de fait, moyenne, basse et foncière justice.

  1 breuil (ancien fonds de l’abbaye) d’environ 25 fauchées affermé pour 6 ans commençant à la St Georges 1690 – bail du 12 mai 1690 – à Pierre Dalstein et Claude Steff, cabaretier à Piblange, à la réserve d’une portion que le maire et le sergent dudit Hestroff prennent dans ce breuil moyennant 17 écus à 3 livres 2 sols l’un de canon.

  1 métairie à défricher dont la maison est en ruine d’environ 80 journaux de terres et fauchées affermée pour 9 ans commençant à la St Georges 1687 – bail du 24 mai 1687 à Pierre Dalstein, Mathis Marck de Piblange et Louis Dalstein d’Hestroff moyennant 18 paires de quartes moitié blé moitié avoine, mesure de l’abbaye, 2 livres de cire ou 3 livres tournois, 2 charrois à Metz ou Thionville ou 6 livres tournois.

  Les droits seigneuriaux de l’abbaye sont :

  • le droit capital : quand il meurt un chef de famille, le 1er meuble appartient à la veuve, le 2e à l’abbaye. -
  • les droits honoraires : les laboureurs doivent 3 gros et les manœuvres 1 ½ = 3
  • le droit de banvin : de 3 années, 2 appartenant à l’abbaye. -
  • les amendes foncières : 33 « pour 1705. -
  • Les menues rentes qui se lèvent aux plaids annaux – 3 « . -
  • les rentes en grains : 40 quartes de froment, 32 quartes d’avoine, 1 bichet ¼ de poivre.


Publié dans histoire

Commenter cet article